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« Saturne », la chanson de Georges Brassens

Mis à jour le · 5 min de lecture

« Saturne » est une chanson de Georges Brassens parue en 1964 sur l'album Les Copains d'abord (Philips). Le poète y présente Saturne, dieu romain du temps, comme un personnage morose qui s'amuse à abîmer les roses — et qui, cette saison-là, a marqué de ses premiers cheveux blancs la femme qu'il aime. Loin de s'en désoler, Brassens lui répond que la beauté de l'automne vaut celle du printemps : c'est l'une de ses chansons d'amour les plus délicates, une méditation tendre sur le vieillissement du couple.

Sommaire
  1. Les paroles de Brassens : ce que dit « Saturne »
  2. Analyse : un dieu du temps désamorcé
  3. À qui s'adresse la chanson ?
  4. Saturne, une constante de l'imaginaire
  5. Où trouver les paroles officielles
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Les paroles de Brassens : ce que dit « Saturne »

Si vous cherchez les paroles de Georges Brassens « Saturne », sachez qu'elles sont protégées par le droit d'auteur : nous ne les reproduisons pas, mais nous en résumons le contenu et indiquons plus bas où les lire officiellement.

La chanson suit un mouvement en trois temps.

  1. Le portrait du dieu. Brassens commence par décrire Saturne : un dieu sombre et silencieux, qui règne sur le temps, porte un joli nom mais n'a rien de rassurant. Il fait sa route en traînant son ennui et, pour passer le temps, malmène les roses — belle ironie pour le maître du temps lui-même.
  2. La victime. Cette fois, c'est la femme aimée que le dieu a prise pour cible. Le poète l'évoque à travers un jeu de mots : elle a payé la gabelle, l'ancien impôt sur le sel, et en garde un grain dans les cheveux — autrement dit, ses premiers cheveux blancs.
  3. La réponse de l'amoureux. Brassens retourne alors la situation. Il invoque la sagesse des poètes, pour qui la beauté des fleurs de l'arrière-saison n'a rien à envier aux autres, et lui confirme, en la regardant, qu'ils avaient raison. Il l'invite ensuite à le rejoindre au jardin pour un dernier été amoureux et lui assure qu'il connaît chacun de ses charmes : Saturne aura fort à faire, et pour longtemps, s'il veut les effacer de sa mémoire. La jeune fille d'en face, conclut-il avec malice, ne fait pas le poids.

Analyse : un dieu du temps désamorcé

La mythologie au service de l'intime

Brassens, lecteur assidu des poètes classiques, convoque la figure antique de Saturne, assimilé au Cronos grec, le dieu qui dévorait ses enfants et que la tradition représente en vieillard armé d'une faux. Il en garde l'essentiel — le temps qui ronge tout — mais le ramène à une échelle domestique : Saturne n'est plus un dévoreur, c'est un vieux grognon qui s'ennuie et chiffonne les fleurs. Cette réduction ironique est typique de Brassens, qui aime traiter les grandes figures avec familiarité.

L'automne contre la jeunesse

L'image centrale est saisonnière. Le printemps de la jeunesse a passé ; la femme entre dans son automne. Brassens prend le contre-pied des poètes de la Renaissance qui, comme Ronsard dans « Mignonne, allons voir si la rose », pressaient la jeune femme de profiter de sa beauté avant qu'elle ne fane. Ici, la rose a déjà été bousculée, et c'est justement maintenant que le poète la célèbre. La référence à « l'été de la Saint-Martin », ce redoux de novembre, résume l'idée : un amour de fin de saison, qui n'a rien d'un amour au rabais.

Humour et pudeur

Comme souvent chez Brassens, la tendresse passe par l'humour : le calembour sur la gabelle, la pique finale contre la « petite » d'en face. Ce mélange évite le pathos et rend la déclaration plus crédible. La langue est soignée, presque précieuse, avec un vocabulaire volontiers archaïsant, au service d'une mélodie simple accompagnée, selon l'habitude de Brassens, de sa guitare et de la contrebasse de Pierre Nicolas.

À qui s'adresse la chanson ?

Brassens ne l'a pas dédiée explicitement, mais on rapproche généralement « Saturne » de Joha Heiman, sa compagne surnommée « Püppchen », rencontrée en 1947 et avec qui il a partagé sa vie sans jamais l'épouser ni vivre sous le même toit. Elle avait une dizaine d'années de plus que lui, ce qui donne à la chanson une résonance particulière. Brassens lui a aussi consacré, selon la lecture la plus répandue, « La Non-Demande en mariage » (1966). Cette attribution reste une interprétation, appuyée par les biographes, et non une dédicace inscrite sur le disque.

Saturne, une constante de l'imaginaire

La chanson s'inscrit dans une longue tradition qui associe Saturne au temps, à la vieillesse et à la mélancolie : on la retrouve dans la peinture, de Rubens à Goya et son Saturne dévorant son fils, comme dans la musique, avec « Saturne, celui qui apporte la vieillesse » des Planètes de Holst. Brassens en propose une version apaisée et souriante. Soixante ans plus tard, SZA a fait de Saturne tout autre chose : non plus le dieu du temps, mais la planète comme ailleurs rêvé.

Où trouver les paroles officielles

  • Dans les recueils des textes de Brassens, notamment Poèmes et chansons (Éditions du Seuil, repris en collection de poche).
  • Dans les livrets des rééditions officielles de ses albums et intégrales (Mercury / Universal).
  • Sur les plateformes de streaming qui affichent les paroles sous licence, comme Apple Music ou Spotify.
  • Pour tout usage public (spectacle, publication), les droits sont gérés par la Sacem et l'éditeur musical.

Pour aller plus loin sur Brassens lui-même, l'Espace Georges-Brassens de Sète, sa ville natale, lui consacre un musée.

Questions fréquentes

Sur quel album se trouve « Saturne » de Brassens ?

Sur l'album de 1964 connu sous le titre Les Copains d'abord (Philips), qui contient aussi « Les Deux Oncles » et « Le 22 septembre ».

De quoi parle la chanson « Saturne » ?

Du temps qui passe : Saturne, dieu du temps, a fait apparaître les premiers cheveux blancs de la femme aimée, et le poète lui répond qu'elle reste belle, que l'automne a ses charmes et qu'il ne l'oubliera pas.

Peut-on trouver les paroles de Brassens « Saturne » gratuitement ?

Les plateformes de streaming affichent souvent les paroles sous licence. Les recueils Poèmes et chansons et les livrets d'albums en donnent la version officielle.

Pour qui Brassens a-t-il écrit « Saturne » ?

Il ne l'a pas précisé, mais la chanson est généralement associée à sa compagne Joha Heiman, dite « Püppchen ». C'est une interprétation de biographes, pas une dédicace officielle.

Sources

  • Georges Brassens, Les Copains d'abord, Philips, 1964
  • Georges Brassens, Poèmes et chansons, Éditions du Seuil
  • Pierre de Ronsard, « Mignonne, allons voir si la rose », ode à Cassandre, XVIe siècle
  • Espace Georges-Brassens, Sète

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