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Saturne dans la mythologie et la religion romaines

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Dans la mythologie romaine, Saturne est un dieu très ancien des semailles et de l'abondance, honoré au pied du Capitole et fêté chaque décembre lors des Saturnales. Les Romains l'ont identifié au Titan grec Cronos, qui dévore ses enfants chez Hésiode : c'est de cette fusion que naît la figure double du dieu, à la fois souverain bienveillant d'un âge d'or perdu et père inquiétant armé d'une faucille.

Sommaire
  1. Un dieu romain avant d'être un Titan grec
  2. Le roi exilé du Latium
  3. Fêtes, lieux et objets
  4. De la mythologie au symbole
  5. Sources anciennes : ce qu'il faut lire
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Un dieu romain avant d'être un Titan grec

Il faut distinguer deux couches. La première est proprement romaine : un dieu agraire dont les Anciens rattachaient déjà le nom aux semailles (satus), qui possédait l'un des plus vieux temples du Forum et abritait dans son soubassement le trésor public. La seconde est grecque : à partir du IIIe siècle av. J.-C. environ, poètes et érudits latins lisent Saturne à travers Cronos, avec toute sa généalogie de Titans. La page Saturne, dieu romain détaille le culte, les rites et l'iconographie ; la page Saturne et Cronos reprend le récit d'Hésiode et la confusion tardive avec Chronos, le Temps.

Le roi exilé du Latium

Les auteurs augustéens ont donné à Saturne une biographie italienne. Chassé du ciel par son fils Jupiter, il aurait abordé en Italie, été accueilli par Janus et régné sur un peuple encore sauvage, auquel il apprit l'agriculture et donna des lois. Virgile, au chant VIII de l'Énéide, fait même dériver le nom du Latium de latere, « se cacher », parce que le dieu s'y était réfugié. Ce règne paisible, sans propriété ni guerre, est l'âge d'or que les Romains rêvaient de voir revenir. Sa famille, avec Ops pour épouse, Jupiter, Junon ou Neptune pour enfants et Picus pour descendant italien, mêle de même traditions grecques et latines.

Fêtes, lieux et objets

Le culte de Saturne a laissé des traces concrètes. Les Saturnales, fête de décembre où les esclaves pouvaient parler librement et où l'on s'échangeait des cadeaux, sont souvent citées dans les débats sur les origines de Noël, avec plus de prudence qu'on ne le croit. Le temple de Saturne, dont huit colonnes se dressent encore au Forum, servait de trésor de l'État. Le dieu survit aussi dans la langue : l'anglais Saturday conserve son nom, alors que le français samedi vient du sabbat.

De la mythologie au symbole

Après l'Antiquité, Saturne devient un symbole savant. Lent et lointain, l'astre qui porte son nom est associé au plomb, métal lourd et terne, dans la tradition de l'alchimie : d'où le mot « saturnisme » pour l'intoxication au plomb. La médecine des humeurs et l'astrologie font de lui le patron des mélancoliques, idée que la Renaissance retourne en signe de génie, de Marsile Ficin à Dürer, avant les Poèmes saturniens de Verlaine (voir mélancolie saturnienne). L'astrologie moderne a hérité de ce Saturne sévère, maître des limites et des épreuves (voir Saturne en astrologie).

La peinture a surtout retenu le Saturne dévoreur. Rubens puis Goya ont représenté le dieu mangeant l'un de ses enfants ; la toile de Goya, Saturne dévorant un de ses fils, en est l'image la plus célèbre. Quant à la planète, elle doit son nom au dieu par l'intermédiaire des astronomes grecs et romains (voir le nom et le symbole de Saturne).

Sources anciennes : ce qu'il faut lire

Le corpus est dispersé. Pour le mythe grec, la Théogonie d'Hésiode reste la référence. Pour le Saturne romain, les textes clés sont l'Énéide (chants VII et VIII) et les Géorgiques de Virgile, les Fastes et les Métamorphoses d'Ovide, le traité De la langue latine de Varron, et surtout le premier livre des Saturnales de Macrobe (début du Ve siècle), qui compile des siècles d'érudition sur le dieu et sa fête. Ce sont des sources savantes et tardives : elles disent ce que les Romains cultivés pensaient de Saturne, pas forcément ce qu'était le culte archaïque.

Questions fréquentes

Qui est Saturne dans la mythologie romaine ?

C'est un dieu ancien de l'agriculture et des semailles, honoré au Forum et fêté lors des Saturnales. Les Romains l'ont assimilé au Titan grec Cronos, père de Zeus.

Saturne et Cronos sont-ils le même dieu ?

Pas à l'origine : Saturne est un dieu italien, Cronos un Titan grec. Les Romains les ont identifiés, et la plupart des mythes racontés sur Saturne viennent en réalité de Cronos.

Pourquoi Saturne mange-t-il ses enfants ?

Selon Hésiode, Cronos avalait ses enfants parce qu'une prophétie annonçait qu'il serait détrôné par l'un d'eux. Les Romains ont transféré ce récit à Saturne, d'où les tableaux de Rubens et de Goya.

Quel est le symbole de Saturne ?

Son attribut est la faucille, outil du moissonneur et arme de Cronos contre Ouranos. Le symbole astronomique de la planète, ♄, est traditionnellement interprété comme une faucille stylisée.

Sources

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